Le passage du nord-ouest à la voile pure

Alaska - Groenland

 
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- Dee Ladouceur, bibliothécaire, Cambridge Bay (69° Nord), Canada :

  • "En 10 ans, je trouve qu’il y a eu beaucoup de changements par ici : autour de Cambridge Bay, il y a beaucoup de mares ou de petits lacs ; il y en a de plus en plus qui sont asséchés".
  • "Cet été, pendant 3 semaines, j’étais en short tous les jours, il faisait entre 28 et 30°C ! Et à cette période, on a toujours le soleil, et ici on n’a pas d’arbres pour faire de l’ombre !"
  • "L’hiver dernier, la saison de hockey a été courte ! La patinoire (naturelle) n’a commence à geler qu’au mois de janvier, et jusqu’en avril ! En janvier seulement !"
  • "Avant, il y avait facilement 45 jours de blizzard par hiver, où on restait complètement enfermés chez nous. Cet hiver, il n’y en a eu que 4 ou 5, et les enfants n’ont pas eu école pour cause de blizzard seulement 2 jours".

- Capitaine du brise-glace canadien “Sir Wilfrid Laurier”, il sert depuis 7 ans dans les eaux de la mer de Beaufort, son avis est intéressant, plus nuancé :

  • "C’est difficile de parler de recul de la glace dans nos régions, car c’est très variable d’une année sur l’autre. L’été dernier, il y avait beaucoup de glace dans le Passage du Nord-Ouest, on a dû intervenir pour débloquer plusieurs voiliers pris dans les glaces, alors que cette année par exemple, il y en a beaucoup moins. Vous avez choisi la bonne année !"
  • "Je ne pense pas que cette région devienne une route maritime majeure dans l’immédiat, en tout cas pas avant 2050. Je pense que le passage du Nord-Est, et le Pôle, seront libres avant le Passage du Nord-Ouest".
  • "C’est sûr que les ressources en hydrocarbures attirent les regards par ici, mais l’exploitation de ces gisements coûte très cher dans ces régions, et un gisement a meme dû être fermé récemment, car il était trop coûteux".

- Eddie Gruben, 87ans, Tuktoyaktuk, Canada : « Regardez les herbes autour du village, elles n’ont jamais été aussi hautes ! »

- Capitaine de baleinier, 74 ans, Barrow, Alaska : « En décembre dernier, la mer n’était toujours pas prise par la glace. Avant, la glace arrivait en octobre ! »

- Dave McDowell, Nome, Alaska : « Il y a 25 ans, à la même période (début juillet), on marchait encore sur la glace, sur la mer devant Nome ! » A présent, il nous a fallu faire encore plusieurs centaines de milles au nord pour voir la glace, au niveau de Barrow.« Ces dernières années, les tempêtes d’automne sont de plus en plus violentes. L’an dernier, les vagues sont venues briser les vitres de ce restaurant [protégé par une digue, à 30-40 mètres de la mer, et surélevé de 4 m], et ont inondé la rue principale qui donne sur ce restaurant. Ils venaient avec des bulldozers pour évacuer l’eau ! En effet, la glace se forme plus tard, et plus loin au nord ; avant, la banquise contenait ces vagues. »

- Betty Brower, 72ans, Kaktovik, Barter Island, Alaska, 25-07 : « D’habitude, l’été, on voit encore la glace ; à present elle est déjà loin au large. Les ours polaires, on ne devrait pas les voir ici avant un mois. Ils chassent le phoque sur la banquise ; mais comme la glace recule, souvent ils se noient en revenant à terre. »

- Brett, Tununak, Alaska : « Le permafrost fond. Du coup le sol est plus friable, fragile, et l’érosion plus importante. Certains villages ont déjà dû être déménagés, car ils sont menacés par l’érosion causée par la mer d’un côté, la rivière de l’autre. » [La plupart des villages au bord de la mer sont aussi situés à l’embouchure d’une rivière.]« On a trouvé des barrages de castors près du village ! », à près de 62° nord, au milieu de la toundra, signe que des petits arbustes commencent à pousser à ces lattitudes, de quoi faire des barrages pour les castors.

- Des anciens, rencontrés dans plusieurs villages : « ça devient de plus en plus difficile de chasser le phoque au printemps, car il y a de moins en moins de glace. »

- Des randonneurs alaskans, Barter Island, Alaska : « On trouve des petits saules de plus en plus au nord. Du même coup, les orignaux –qui se nourrissent entre autres de ces plantes- montent de plus en plus au nord également. »

- Tina, Tuktoyaktuk, Canada : « C’est sûr que ces changements climatiques affectent notre mode de vie. »

- ... , garde-chasse, Cambridge Bay, Canada : « Il y a 10 ans, on ne voyait presque pas de grizzlys par ici, alors que maintenant, il y en a de plus en plus, et de moins en moins d’ours polaires. »